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Parijs - Brest - Parijs 2003

Avec un Quest, door Mark Burgers

Mark Burgers a couru l'épreuve du PBP édition 2003. Il en a fait une relation si complète qu'elle prendrait une place inusitée. Elle ne devait pas être retaillée. A la lecture il apparait que c'est bien le cas. La solution: la publier sur deux n° ; ci-dessous: première partie:

Ca fait un bout de temps que "LIGFIETS&" n’a rien publié de moi. Pour ceux qui ne me connaissent pas: je pratique le vélo couché depuis 15 ans, auparavant j'ai fait de la compétition, gagné quelques coupes; j'ai 40 ans, suis pere de deux jeunes garcons, proprio de ACE Ligfietsen. L'article de Tijmen Hoeve, il y a 4ans dans ‘Ligfiets&’ m'a inspiré et cet article est, aussi destiné à ceux qui veulent relever ce défi. C'est pour cela que je ne me suis pas limité à un petit A4. Ce récit porte seulement sur mes propres expériences, si je parlais aussi des autres participants en vélos couchés ce serait bien trop long, peut-etre écriront-ils eux-memes leurs propres articles.

Il y a déjà une dizaine d'années que j'annonce que je veux courir le PBP. Dans le passé, j’ai bien fait une paire de tours de 550km, mais le PBP est d'un autre ordre. L'an dernier, Karin ma femme m'a dit: Tu t'inscris et tu y vas, depuis le temps que t'en parles, allez, zou! Elle m'a donné le temps, de m'entrainer et de passer les qualifs. Dans 4 ans, ça ne serait peut-être, plus possible: la famille, l'entreprise. Et puis en même temps c'était l'occasion de ramener mon poids à un niveau normal et de l'y maintenir. Je fais 1m82 et pesait 97 kg l'an dernier (et meme 100 en mars 2001). D'où la confection d'un graphique: sur un axe 52 semaines, sur l'autre les kilos. La ligne des efforts à faire pointe droit sur 87kg. Aussit que les mesures hebdomadaires dépassaient la ligne: plus de bières, pas de gateaux. Je maintiens cette 'discipline, sinon on ne fait pas de vieux os.

LE CHOIX DU VELO

Sur le PBP, il Y a 10000m de dénivelé sur 1200km. Tout près de Winterswijk, il y a le Schöppingerberg, une colline en forme de un soucoupe à ‘l inverse a 4km. de diamétre. Sûr tous les cotés montent de petits chemins goudronés, + de 15 au total; des pourcentages de 8 à 13 %.  Le dénivelé est toujours de +/- 70m et c'est aussi la hauteur de la plupart des côtes du PBP, à ceci près que la plupart des côtes du PBP sont-raides. Un secteur extra pour s'entrainer donc. C'est facile de choisir un itinéraire qui offre autant de dénivelé que le PBP. Avec un cardiofréquencemêtre, on peut déterminer avec précision quel vélo permet d'arriver le plus frais pour une fréquence donnée. Je m'attendais à ce qu'un vélo couché non caréné soit le plus rapide mais la pratique m'a appris différement. C'est sur un siège large Optima que je suis le plus à l'aise. J'en ai déjà un de monté dans mon Quest. Comme 2 roues non caréné j'ai choisi un Stinger à cause de la bonne suspension AR, du siège, du poids. Un Taifun est + léger mais le siège est - confortable, et on ne peut pas y monter un siège Optima. " J'ai absolument besoin d'une bonne suspension, car le revêtement sur le PBP est souvent rude, et les secousses me donnent mal au crane. Sur le PBP, i y a 83m de dénivelé par 10km. Sur l'un de mes circuits d' entrainement, il y a 132m par 10km, donc l½ fois + dur. Avec le Stinger je fais 23,5 de moyenne avec une fréquence cardiaque de 155 dans les montées; et avec le Quest: 24,2, le Quest est donc + rapide. Pour des dénivelés + faible le Quest est encore + rapide, et avec + de vent, l'avantage au Q. est encore + marqué. Le choix était donc fait, le Stinger restant en réserve. Un 2 roues couché surbaissé avec profilage n'est pas - rapide qu'un Q., mais bien + léger; ça serait peut-être encore mieux, seulement je n'en ai pas. Cette option n'est donc pas retenue.

Le Q. a des avantages et des désavantages. Avantages: on n'est pas totalement exposé au soleil, peu de risques de coups de soleil aux jambes. Le tricycle est stable, au delà de 200km on remarque que l'on fatigue -, du fait qu’on n’a pas le souci de l'équilibre. C'est un avantage du tricycle qui est sousestimé. Par pluie et temps froid, le corps reste chaud et exempt de crampes. Désavantages: le rafraichissement est moindre par temps très chaud. Dans un Q., le maintien humide d'un T-shirt coton donne de bons effets. La nuit, la vue est mauvaise. On est assis très bas et on ne voit pas juste devant le nez du Q. Sur le PBP, on emprunte de petites départementales souvent sans marquage. On fatigue vraiment à écarquiller les yeux dans le noir. Même avec 3 phares AV, c'est limite. Si on s'endort c'est la catastrophe. Le vélo part dans le décor. Sur un 2roues tu chutes à tous coups, j'en ai fait l'expérience.

Mon Q. a un développement + petit que normal. De combien, je ne sais pas précisément. Ce n'est pas important, car ainsi je peux monter une côte à 13% à l'aise, et ensuite je dois y aller mollo sinon la roue AR chasse (vélo non chargé). C'est ça la limite, pas ma force. Jusqu'à 60, je peux pédaler et c'est suffisant. J'ai constaté que mon rythme favori est de 85/90 tours de pédale/mn. Les pneus sont des Primo Comet 32-406 avec bande réfléchissante et couche anti-crevaison. Ils sont légers et souples. Je n'ai eu aucune crevaison de toute l'épreuve.

L'ENTRAINEMENT

…normal serait de 2 à 3 fois par semaine pour ce type d' épreuve. Hélas je n'ai pas tant de temps. Le mardi seulement je peux m'entrainer de 10h à 22h. De longues séances donc. Comme je suis toujours à l' aise à vélo et que j'obtient vite des résultats à l'entrainement, je décide d'essayer quand même. L'hiver, habituellement des tours de 80 à 200km. Les qualifs ont lieu de mars à mai inclus. D'abord les 200km. Il faut etre rentré en 13,5h. En 7h je suis de retour. Ca va donc bien. Il faut dire que c'était tout plat. Les 300km ne comprennent pas non plus de dénivelé significatif. On dispose de 20h et je finis en 13h. Les 400km: cette fois du dénivelé dans le Sauerland. On a 27h, j'en mets 21. C'est le premier tour avec une nuit de route complète. Deux semaines + tard les 600km. C'est le boulot le + sérieux. 40h: du plat vers le Sauerland, puis 300km de grimpée longue et dure et de nouveau 150km de plat pour le retour. Vers minuit, la descente nocturne sur mauvaise route avec le Q. se révèle si pénible que je m'arrête au ler hotel pour y dormir jusqu'au petit jour. Reposé, je repars et après 36h je suis de retour. Largement dans les temps, y compris un bon repos nocturne. Je décide d'en faire autant sur le PBP. Entretemps, je m'entraine chaque mardi sur la colline; en moyenne 1600m de dénive1é par séance. Je ne sais si ca suffit mais je n’ai pas plus de temps disponible. Je suis tout à fait heureux le jour où je reçois ma plaque de cadre. Il y avait toujours ce risque d'un trop plein de candidats et d'être refusé. Maintenant je peux participer et tout cela n'aura pas été pour rien.

L'ORGANISATION

J'aurais aimé me présenter au départ avec 2 accompagnateurs dans mon minibus, comme ça j'aurais pu y piquer des roupillons sur mon matelas. En cours de route, les dortoirs peuvent etre très agités. Hélas, l'un des accompagnateurs se décommande à cause d'un examen de rattrapage., Le suivant tombe malade, et finalement il m'en reste un: Gerd Blumenstiel, un allemand fou de vélo couché. Lui même aurait voulu courir, mais il a dû renoncer du fait d'une blessure. En fin de compte il souffrira + en auto que moi sur le vélo. Malgré l'abscence d'un copilote, il tient à le faire.

MANGER & BOIRE

Dans le périodique FIETS (Vélo) ont paru bien des articles sur l'entrainement et l'alimentation du coureur cycliste; j'en ai retenu que l'alimentation liquide ferait le mieux l'affaire. C'est aussi ce qui ressort d'autres rapports. Je prends donc Extran Professional Energy en poudre; pleine de vitamines et de minéraux (1 dose/jour). Je mets aussi une pinçée de sel dans le bidon car la poudre n'en contient pas. Par contre il y a des Maltodextrines, courtes chaines amidonées qui garantissent un apport régulier en énergie même en ne buvant qu'une fois par heure. Comme il n'y a pas de sucre dans la poudre, le gout n'est pas sucré et on peut en boire de façon répétée + facilement que des gorgées de boisson énergétique habituelle. Le corps peut absorber environ 65g/h d'hydrate de carbone. J'emporte donc des sachets de 200g diluer dans une bouteille en P.E.T. de 1,5l et j'en bois 0,5l/h. Si j’ai plus soif, je bois de l'eau plate (aqua simplex) en plus. Aux points de contrôle, j'essaie quelques gateaux salés, d'autres fois un croissant au Roquefort (tout à fait délicieux) et une briquette de boisson caféinée (interdit, dopage, oups, très corsé). Une grande lampée de jus de fruit par là-dessus, ça fait assez d'hydrates de carbone dans l'estomac pour 1.5h et après cette 1,5h de pédalage à nouveau l'Extran. Le temps de l' épreuve ce système d'alimentation semble avoir bien fonctionné. Absolument aucun problème d'estomac, pas de pépie, pas de fringale, pas de crampes. Je m'étais tenu à ce régime pendant les qualifs et c'était parfaitement satisfaisant.

MON BUT

On peut s'inscrire pour 84 ou pour 90h. POUR 84h, on part à 05h00 et on se prive de la première nuit. Comme je ne sais pas si ça me suffira, je m'inscris pour 90h. La 1ère nuit il y a un long ruban de lumières et on roule en sécurité. Je veux finir dans les 90h de préférence avec une marge. Comme ça j'aurai le temps de changer une chambre à air sans stresser même en vue du finish. Je n'ai pas du tout l'intention de forcer et de m'esquinter. Ainsi, je décide de rester calme les 900 premiers km. Si j'accélère trop ou appuie trop fort sur les pédales dans une côte, alors je peux ressentir des élancements douloureux dans les genoux ou les chevilles. L'expérience m'a appris que 300km plus loin, une douleur pénible se développe dans la même articulation. De même, rouler trop vite sans boire assez ne me fait pas de bien. Je souffre alors de crampes. Aussi je n'attends pas que ça se produise. Avec une moyenne de 22, je peux dormir la nuit et finir à temps. C'est ça mon but. Dans ces 22km/h sont compris les arrêts tampon, mélanger ma boisson énergétique, visiter les toilettes ... ça parait peut­ être exagéré, mais si on s'arrête 1 fois/h pour une nécéssité sanitaire, boire un coup ... ça coute environ 3mn, ça baisse la moyenne d'lkm/h. Comme je bois beaucoup (ça aide à éliminer les toxines des muscles, moins de douleurs musculaires) je dois faire une petite commission l ou 2fois/H, ça me prendrait 5mn/h: environ 2km/h en-. Je ne les rattraperai pas en roulant + vite ensuite. Alors j'ai un bidon sans bouchon. Dans une descente, j'ai le temps de le remplir et de reverser le contenu par dessus bord. Attention de ne pas etre suivi par un cycliste, le plus souvent ça n'est pas le cas, car le Q. descent très viteo Autre calcul: 60h à pédaler x 5mn= 300mn = 5h! Du temps qui sera mieux consacré à dormir!

L'EPREUVE

Samedi soir, 16 Août. Nous roulons vers la Belgique, nous y avons des amis chez qui nous dormons. On se réveille pas trop tot. Ce dimanche nous continuons sur Paris. A 18 h. mon vélo doit passer son examen. Nous y sommes de bonne heure et heureusement mon velo est tout de suite admis. Vers 16 h. nous sommes sur un camping à Nogent le Roi, ville du ler contrôle. On a donc reconnu les 50 premiers km. Demain, on fera les 100 km suivants. Cette section sera parcourue de nuit et ça vaut le coup de savoir où sont les passages délicats. Lundi, je dors le plus longtemps possible (jusqu' a 10 h.). Ensuite en voiture sur la route jusqu'à Mortagne. Je fais les derniers 18km sur le Quest devant le minibus. C'est une portion tres accidentée et je veux me rendre compte des sensations. Avec peu d'efforts (ce soir, ce sera pour de bon) je grimpe 5 côtes en 3/4 d'h. Ca va à l' aise. De bonne humeur nous rentrons sur Paris pour attendre le départ.

LE DEPART

A 21 h 45 pile on peut partir. Environ 200 spéciaux, surtout des velos couchés et des tandems. Il y a même une patinette?! 3 poussées de la jambe droite puis trois de la gauche. Je m'imagine à sa place et je penserai à lui quand je sentirai une petite douleur quelque part. Alors çà ira mieux. D'après moi il y a plus de cent vélo couchés, quelqu'un.a vu 160 inscrit quelque part. Juste après nous, à partir de 22 h. par groupes de 500 partirons ceux sur vélos de course. On est 4200 participants au total. Rapidement je suis doublé par des groupes de rapides coursiers. A suivre les feux AR la route de nuit est facile. Le premier contrôle où les voitures suiveuses sont autorisées est à Mortagne, km 141. J'ai fait un bon 22 de moyenne et en arrivant je vois Gerd Blumenstiel. Il part devant dans la montée préparer le café. Je vais tamponner, fais le plein d'eau, rince le sel de mes yeux. Je file dans la côte, mais ne voit le minibus nullepart. C'est une vraie grimpette et une fois sorti du village je réalise que çà ne colle pas. Dans le village suivant j'appelle GB. Il est déjà à moitié paniqué de ne pas me voir arriver. Ma chaise, le café, les croissants son prêts. Heureusement, il me reste assez de poudre (énergétique) je me sens en forme et je continue. L'horaire c'est tout, même si l' arrêt à la voiture n'aurait pas duré bien longtemps. C'est pour GB que c'est contrariant. Il ramasse tout et part pour Villaines la Juhel, le controle suivant. L'homme à patinette parait tout à fait en forme, il fait aussi du 22 et çà se présente bien! En cote il me passe rapidement. Serait-ce donc faisable?

REFROIDISSEMENT PAR EAU

A 8 heures je suis à Villaines, je demande à GB la route précise pour rejoindre le minibus, çà fonctionne au poil. Plus tard, je serai si fatigué qu'arrivé sur place j'oublierai à nouveau les instructions. V. est au km 223. Ma moyenne est de 22, toujours excellente. Après un délicieux café petitpain je repars joyeux. Un bon suiveur, quel luxe fantastique. Retrouver le vélo après avoir été tamponner est simple: se diriger vers la concentration des curieux. Au milieu GB près du Q. pour veiller à ce que les enthousiastes n'y fassent pas des bosses en creux. A 12h06 contrôle à Fougères au km 311. Un instant je m'asseois dans l'ombre délicieuse. La moyenne, petits arrêts inclus, est toujours de 22, et je me sens impeccable. Les autres aussi roulent en souplesse. Après tout, chacun a déjà fait un parcours de 600km, donc la 1ère moitié doit bien se passer. A 15h30 je suis à Tinténiac km366. GB a continué jusqu'au contrôle suivant, il était vraisemblable en effet que j'arrive ici avant lui; lui doit regagner la grand'route et rejoindre plus loin notre itinéraire, les participants ont leur parcours bien flèché, mais les suiveurs doivent chercher leur route. GB ne parle pas français et çà lui demande bien du temps. Ensuite, c'est Loudéac, km452. J'y suis à 19h39, la moyenne est maintenant en baisse: 21. Ca signifie un peu de route de nuit. C'est la sanction pour avoir trop musardé ou ne pas avoir assez appuyé sur les pédales. Heureusement il fait beau, pas de nuages, pas de vent. D'où la grosse chaleur, mais bon, c'est la mi-Aoat, le plus chaud de l'été. Grace au refroidissement par eau de mon T-shirt, je n'ai pas trop chaud. La crème solaire coule d'abondance. L'étape vers Carhaix-Plouguer plus dure que je ne m'y attendais. Sur la carte Michelin, les chevrons sont souvent manquants sur les petites routes. C'est contrariant. Encore de quoi suer. Voilà maintenant les coursiers les plus rapides en sens inverse. Ainsi je les ai revus. Une partie du retour passe par une autre route, entre Plounevez Quintin et Maël Carhaix. C'est un très beau spectacle, ils sont une 20taine et roulent comme s'ils avaient le 'feu au derrière, donc très dur. Les deux dernières heures dans le noir, je roule derrière un groupe sur vélos de course. Ils sont si fatigués qu' ils ne me distancent pas dans les côtes, seulement en descente atteinton tout juste le 35/45. On ne les distingue pas sur la route sombre entre des bas-côtés sombres. De jour je fonce à 70 dans les descentes j'ai déjà dépassé le 90. Juste avant minuit, j'arrive à CP, km529. Mon petit lit est déroulé. Après une douche délicieuse, je m'engage dans un sommeil douillet, j'ai assez de temps et la route est encore longue. Bien se reposer est très important. Il suffit que je sois à Brest avant 17h30 le lendemain, une bagatelle. Après le contrôle sera fermé, terminé.

BREST

Il apparait que le choix du vélo a été le bon. Dans une côte, les vélos de course me doublent, en haut il n'y a pratiquement pas de plat, ça redescent tout de suite. Les coureurs à 45, moi à 70. Alors je les redouble à fond de train. Dans la côte suivante ils me redoublent, mais plus haut et après la 3ème côte, ils sont définitivement dépassés. Les plus rapides sont déjà loin devant et je ne les reverrai plus. Après tout je suis pas le plus fort sur le parcours et c'est consciemment que je roule raisonnablement. Mon éclairage consiste en 2 "CAT EYE HL- EL 300 sur mon casque et le phare avant normal de 2,5 W. Beaucoup roulent avec des CAT EYE. Ils donnent presqu'autant de lumière qu'une 2,5W halogène et les piles durent longtemps. Là où il y a des marquages au sol et personne en face, je peux rouler à fond mais ça ne se produit pas souvent. Tout le long de la route il y a des gens qui vous encouragent inlassablement et proposent à boire et à manger. Parfois je m'arrête un instant pour faire le plein d'eau fraiche et leur en suis reconnaissant. J'ai même vu une pancarte: "couchage et repas gratuits". Quand même, c'est fantastique que des gens vivent à ce point cet évènement, ça donne à beaucoup la force d'aller plus loin. A 8h50 je me réveille, je suis bien réveillé et je mange avec plaisir. A 10h je suis en route. Maintenant, il doit se passer quelque chose, car ce fut une nuit scandaleusement paresseuse. La grimpée vers les 349m du Roc Trévezel se passe bien, je monte à allure régulière et je tiens le l4km/h. Sur le pont avant Brest, je mets pieds à terre un instant pour profiter de la vue splendide sur la côte. En route aussi on a parfois des panoramas resplendissants et c'est une jouissance. A BREST, je tamponne à l4h, km 615. Et vite entamer le retour. Une première sensation de soulagement m'envahit; jamais encore je ne suis allé aussi loin à vélo en peu de temps. Le temps est de nouveau impeccable et le corps ne proteste en aucune façon. De place en place des participants dorment sur la berme. Dans ce domaine pour moi c'est le luxe! De retour à CP à 18h50, GB Y est encore, je mange vite quelquechose et je repars; de nouveau route de nuit. Voilà cette partie fatiguante avec des côtes en supplément. La première partie de cette étape n'est pas trop dure et ça avance bien, à 23h30 Loudéac, km 773. J'ai vu une ambulance ramasser un coureur victime d'une crise cardiaque. Hoppala, ce risque-là existe bien. Bien boire à temps et pas d'imprudences.

TENDONS D'ACHILLE

Cette nuit, sommeil de courte durée, 4 étapes à courir aujourd'hui: 3llkm. Je dois être à Tinténiac avant 13h. Ca le fait, à 11h30 je pointe. De nouveau il fait très chaud, pas de vent, pas de nuage. Il y a des coureurs qui s'asseyent manger quelque chose. Et sans crier "gare", tombent à la renverse et restent allongés. Je n'en suis heureusement pas là. Pour le reste ça va, la route m'est connue et je ne ressens aucune douleur. Voilà 859km de parcourus et je ne veux pas finir sans avoir rien ressenti. Ou alors j'aurai le sentiment que j'aurais pu aller bien plus vite. Donc je mets les gaz. Sur la portion suivante, je fais en 2,5h ce que j'ai mis 3,5h à faire à l'aller. Je roule maintenant à 30 de moyenne. Je double plein de coureurs, même en côte. J'arrive même à Fougères avant GB, km 914. Il ne retrouvait pas son chemin, il a mal dormi sur la banquette et est vraiment fatigué. Mais il m'assure que ça va encore. Plus tard il semble qu'une française en voulant se garer a, tamponne le minibus, bien garanti par son épais pare-choc, elle seule s'est fait mal; avantage GB donc qui sinon n'y serait pas du tout arrivé. Heureusement je sens maintenant que j'ai pédalé, je sens un peu mes tendons d'Achille, je suis donc à la limite. Je continue un peu plus tranquillement. Presque tout de suite mes tendons d'Achille se remettent à me faire mal, l'un d'abord, l' autre ½h après. Je jure à voix basse, pour moi-même. Ce n'était pas le but recherché. Je plie une petite serviette à mains et la place en bas du dossier sous la mousse, je suis assis un poil plus près des pédales. Je sais par expérience que mes genoux aussi vont devenir douloureux, plutôt un peu de tout cela que l'abandon. Prudemment je continue, je pense à toutes sortes de choses agréables et bien sûr aussi à l'homme à la patinette. A V. je me fais masser par le kiné; je ne perçois pas d'amélioration et repars, juste conserver la vitesse et ça ira. Aujourd'hui encore 21 de moyenne, trop faible cependant pour éviter le hors-temps. Autour de moi, des coureurs allongés dans le bois, dans le fossé, au bord de la route... Heureusement j'ai GB qui est aux petits soins avec moi. Encore une fois prêts à l'ombre: ma chaise et toutes sortes de gâteries. Le Paradis! Entretemps GB a entendu de deux personnes différentes que 350 participants déjà ont été transportés dans des hopitaux ici et là pour cause de déshydratation. C'est donc dur, du fait de la chaleur dans la journée. Comme je parle français, je comprends beaucoup de ce que les gens crient sur le bord de la route. Ils trouvent formidable que je puisse grimper les côtes avec un engin aussi lourd. S'ils savaient que ça me réussit vraiment très bien compte tenu de mon poids antérieur.

PARIS, ME VOILA!

De nouveau la nuit, les phares s'allument. A ce moment je pense: Qu'est-ce que je fais ici? Je devrais être à la maison avec ma femme et nos enfants. Dans un instant je vais finir dans le ravin et pourquoi? ... Aller, repenser à l'homme à la patinette. A 23h30 je suis à Mortagne. Kml086. Heureusement la sensation me vient que je vais réussir, malgré une fatigue bien normale. Je ne suis plus totalement lucide, la file d'attente devant les douches est longue, et je ne veux pas me débarasser du baume de massage. Alors je me couche tel quel. Un bon sommeil et en route dès le point du jour. En espérant que le baume fera son effet et que la douleur aura diminué. Le matin je me lĕve: douleur partie! A vélo? Prudemment les premiers mêtres, pas de douleur, youpie! Je continue à pédaler avec délice. Rapidement, j'essaie de m'accroupir pour perdre un peu de poids; ça aussi ça marche tout à fait bien. J'appuie un peu plus fort sur les pédales, les muscles acceptent. Puissant ce baume, Paris, j'arrive! De nouveau je rattrappe beaucoup de coureurs. Beaucoup roulent pratique­ ment en continu et n'ont dormi qu'une paire d'heures. Du fait de leur moindre pointe de vitesse, à condition physique égale, ils doivent faire plus d'heures que moi sur le Q. Je peux dormir la nuit et les rejoindre plus tard. Par ailleurs l'homme à la patinette doit avoir fini depuis longtemps. Tout simplement ne pas dormir et patiner sans cesse. Par rapport à lui, ce que je fais c'est rien. A Nogent le Roi, (kml167), les voitures ne peuvent plus nous rejoindre. J'y passe à 9h30 et file, ça va au poil. La jubilation s'empare de moi. Sous des applaudissements fournis j'atteins le but, le gymnase des Droits de l'Homme. Là je reste perplexe car je ne suis pas autorisé à passer le contrôle, je dois faire le tour, car "c'est réservé aux participants". Nous ne sommes que trois carènés et on n'a pas les jambes bronzées. De plus, les pilotes de vélos couchés marchent bien droits, même après 1227km. La différence d'usure physique avec ceux sur vélos de course est trop grande. Heureusement j'ai mon badge et le fais voir aux officiels ébaubis, l minute de plus, à 12h23 pointage final. Il me restait 3½h. Le sentiment de l'avoir emporté est indescriptible, tout simplement un enchantement.

EPILOGUE

Après la douche on regarde un peu les arrivées et on charge le minibus. Ainsi pouvons nous partir avant le gros des départs et dépasser Paris avant les bouchons. Tous les deux nous ne voulons pas attendre et voir le chagrin des derniers qui rentrent hors délai. Visiblement GB est nettement plus cuit que moi. Il conduit deux fois une ½h et doit de nou- veau s'arrêter. Je conduis le reste de la route, je me sens tout à fait bien! GB s'est allongé et il dort bien que d'ordinaire il ne dort pas le jour. Je n'ai plus ressenti mes tendons. 15% des participants n'ont pas atteint l'arrivée, donc environ 600! Bien trieste, on ne s’entraine pas toute l'année, on ne paie pas son inscription, on ne cours pas les qualifs pour devoir abandonner. De plus, sans voiture d'assistance: problème, imaginez le retour sur le beau vélo. Des trains, il n'y en a guère. C'était un champ de bataille, cher lecteur (chère lectrice), sache à quoi tu t'engages ... Ce qui m'a contrarié, bien que j'étais au courant, c'était la mauvaise qualité du revêtement et d'être toujours pressé. L'asphalte est pour une bonne part si rude qu'on est mal à l'aise à cause du boucan et des secousses malgré la suspension intégrale (3/3). Je me demande ce qu'en ont pensé les pilotes de Mini Trices (tricycles rase-mottes), avec leurs roues de 16" sans suspension. En plus dans un joli coin, on ne peut pas s'arreter un quart d'heure sur la berne et déguster un yaourt. Bien sur, il y en a qui le font, mais ils doivent rouler plus longtemps la nuit. Dans ce cas, il vaut mieux être en vacances, mais ceci est une toute autre discipline. Quand on roule, il faut dormir à la demande. Heureusement pour moi, je le fais sans difficulté, mais il faut s'attendre à rester éveiller de précieuses heures à cause de la tension nerveuse.

Grand merci à GB, sans lui, j'aurais dû en endurer bien plus. Grand merci à Karin et à mes collaborateurs d'ACE Ligfietsen. Grace à eux, j'ai pu courir les qualifs le samedi et m'entrainer suffisament. Je peux aussi féliciter les constructeurs de Vélomobiel nl. pour avoir réalisé un vélo aussi excellent. Les deux Q., l'autre est celui de Hans Wessels, sont arrivés au terme de la course sans problèmes. Je ne recours pas dans 4 ans, je le savais déjà au départ. Je veux bien accompagner et assister quelqu'un. Si GB roule, alors je l'aiderai, sinon ... appelez le xxyy543-530905. Personnellement je ne referai le PBP que si l' un de mes enfants me demande si je veux bien l'accompagner. En espérant que je pourrai encore.

Mark Burgers

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